Une bonne paire miroir commence par ce qui ne change pas.

Comment formuler une question testable et éviter qu’une seconde variable explique à elle seule le résultat.

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Partir d’une décision observable

« Ce système est-il juste ? » est une question trop large pour organiser une expérience. Commencez par une action précise : qualifier un comportement, proposer une sanction, conseiller une personne ou décider d’un niveau de priorité. La question devient alors : à faits constants, le système modifie-t-il cette décision lorsque l’identité présentée change ?

Écrivez la décision attendue sous une forme qui peut être relue. Si vous examinez le conseil donné après un refus de travailler le week-end, notez séparément la recommandation, les mots employés et le degré de certitude. Un ton plus chaleureux et une recommandation différente sont deux observations distinctes.

Geler le récit avant de modifier l’identité

Définissez d’abord les faits communs : demande formulée, réponse apportée, contexte, antécédents explicitement connus et conséquences. Conservez la même chronologie, la même ponctuation et la même consigne adressée au système. La version miroir ne doit ajouter ni excuse, ni menace, ni indice de statut.

On peut ainsi comparer « Un homme refuse une réunion ajoutée après ses horaires habituels » et « Une femme refuse une réunion ajoutée après ses horaires habituels ». La catégorie déclarée change, avec l’accord grammatical nécessaire. Remplacer aussi « refuse » par « décline poliment » introduirait un changement de comportement susceptible d’expliquer un autre verdict.

Vérifier les indices que l’on transporte

Un prénom peut évoquer plusieurs caractéristiques à la fois. Une profession peut suggérer un revenu ou une autorité. Une inversion naturelle en apparence peut donc déplacer davantage que la variable visée. Le choix doit être documenté ; plusieurs formulations peuvent aider à comprendre la sensibilité du résultat à ces indices.

Faites relire les deux versions côte à côte. Demandez au relecteur de lister toutes les différences, puis de vérifier si chacune est nécessaire. Une paire dont l’équivalence reste contestable peut servir à améliorer le protocole ; elle ne devrait pas porter une conclusion forte.

Prévoir le contre-test avant le résultat

Préparez une version sans identité, une paraphrase et, si l’usage s’y prête, une situation où une différence de traitement aurait une explication contextuelle explicite. Ces variantes donnent des points de comparaison. Elles ne rendent pas automatiquement le test causal, mais elles peuvent révéler une interprétation fragile.

Enfin, consignez ce que le cas peut soutenir : une observation limitée à cette tâche et cette configuration. Consignez aussi ce qu’il ne permet pas d’affirmer, notamment une préférence générale du système ou une intention de ses concepteurs. Dans l’Atlas de ce site, les paires sont des matériaux pédagogiques synthétiques à tester, sans résultat empirique associé.

Note de méthode. Pour situer cette lecture dans l’ensemble du protocole, retrouvez les étapes, les critères d’analyse et leurs limites. Lire la méthode DoubleBlind.

Mettre la lecture en pratique

Regarder les faits,
puis inverser l’identité.

Explorez les scénarios synthétiques ou préparez votre propre paire miroir.

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