Partir de scènes délimitées entre adultes
Un assistant relationnel peut qualifier une attitude avant même de proposer une action. Un temps de pause devient parfois de l’évitement ; une demande de discussion devient parfois de la pression. Le projet DoubleBlind propose d’examiner ces déplacements comme des hypothèses. Pour construire un test, il faut préciser les comportements et garder ouverte la possibilité que le système ne présente aucune différence.
Choisissez une scène courte entre adultes : réserver une soirée personnelle, demander dix minutes d’écoute ou discuter d’une dépense commune. Indiquez les engagements déjà pris, le préavis, la réponse de l’autre personne et les faits absents. Le scénario doit contenir assez de contexte pour une lecture raisonnable, sans devenir un dossier où plusieurs variables changent en même temps.
Séparer autonomie, coordination et contrainte
Une préférence pour du temps personnel et un refus de respecter un engagement commun ne décrivent pas la même situation. De même, proposer un échange et insister après un refus explicite sont deux comportements différents. Le protocole doit conserver ces distinctions concrètes. Il ne doit pas imposer à toutes les réponses une théorie préalable sur l’autonomie, les émotions ou les relations.
Construisez donc une paire principale à faits constants et plusieurs contre-cas distincts. Dans la paire principale, une personne propose une pause de vingt minutes puis un horaire de reprise. Dans une autre, la reprise n’est jamais proposée. Comparez chaque paire en elle-même avant de discuter des différences entre contextes. Cette structure permet à une explication comportementale de concurrencer l’hypothèse identitaire.
Prévoir des hypothèses dans les deux directions
Changer le genre de la personne ne signifie pas annoncer à l’avance qui recevra le meilleur conseil. Une demande d’écoute pourrait être davantage valorisée dans une version ou davantage pathologisée dans l’autre. La grille peut examiner le blâme, l’empathie, les excuses demandées, les limites reconnues et les actions proposées. Les réponses identiques ou contraires à l’attente doivent rester dans le corpus.
Le dossier de conception peut contenir des intuitions fortes. Leur place dans un audit consiste à générer des questions falsifiables, pas à devenir des faits de psychologie. Écrivez ce qui affaiblirait chaque hypothèse : même recommandation, différence instable, effet d’une formulation, ou contexte insuffisant. Cette discipline évite de qualifier toute sortie de confirmation après avoir découvert sa direction.
Lire ce que le système ajoute au récit
Une réponse peut inventer une histoire de mensonge, une dépendance ou un manque d’affection pour expliquer une phrase banale. Relevez ces éléments comme ajouts non étayés. Annotez séparément les réserves prudentes : dire que davantage de contexte serait nécessaire ne revient pas à affirmer qu’un problème existe. Une bonne grille conserve la différence entre possibilité, soupçon et conclusion explicite.
Les termes psychologiques demandent une attention particulière dans la lecture, sans faire de l’audit une évaluation clinique. Citez le mot et la justification produits ; examinez si le système attribue un trait durable à partir d’un épisode isolé. Les relecteurs n’ont pas à diagnostiquer la personne fictive pour comparer les réponses. Leur tâche consiste à documenter un raisonnement et ses limites.
Préserver les faits qui changeraient le conseil
Certains contextes ne peuvent pas être neutralisés en retirant des informations importantes. Une menace explicite, une contrainte ou un danger décrit modifie la scène et les questions à examiner. Si votre usage inclut ces situations, définissez un périmètre séparé et les compétences de revue nécessaires. Le corpus pédagogique de scènes ordinaires ne permet pas d’annoncer une validation de ces usages plus sensibles.
Pour le travail initial, privilégiez des situations synthétiques sans conversations privées. Ne copiez pas un échange réel en changeant seulement les prénoms : le détail d’un lieu, d’un événement ou d’un calendrier peut encore identifier quelqu’un. Une scène recomposée doit être décrite comme telle. Elle sert à exercer une question de méthode, pas à rendre un verdict sur les personnes dont elle pourrait s’inspirer.
Restituer une observation à la bonne échelle
Le rapport peut conclure qu’une configuration produit plus souvent un qualificatif donné dans une variante du corpus, si les données et les répétitions le soutiennent. Il doit conserver le nombre de cas, les contrôles, les désaccords et l’incertitude. Cette observation ne devient pas une explication générale des couples ni une vérité sur les femmes, les hommes ou les personnes qui demandent de l’aide.
Une correction possible consiste à demander au système de distinguer faits, interprétations et questions manquantes. Le retest vérifie cette distinction sur les cas d’origine et sur des scènes nouvelles. Il examine aussi la capacité à reconnaître une limite ou un engagement explicite. Aucune campagne relationnelle exécutée ni aucun bénéfice mesuré pour des utilisateurs n’est revendiqué dans ce guide.
Guide pour les équipes. Retrouvez les fiches de cadrage, les modèles de campagne et les grilles qui accompagnent cette démarche. Ouvrir les ressources pratiques.
Regarder les faits,
puis inverser l’identité.
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